De retour en Lorraine, le Colonel avait fait passer à la décision du régiment l'avis officiel de la suppression des agents de liaison de Cavalerie détachés auprès des chefs de Bataillon d'Infanterie.
  J'ai justement ce jour là l'occasion de rencontrer le Colonel. Je lui demande s'il ne serait pas possible que je reste au régiment en passant à la Compagnie de mitrailleuse où il n'y a plus de Maréchal des Logis. Il me demande de venir le voir le lendemain avec Carné. Comme Carné semblait lui aussi postuler pour cet emploi, le Colonel nous dit "c'est l'ainé de vous deux qui décidera ". Carné a donc le loisir de prendre la décision de rester. Il se prononce après un court moment de réflexion : "Je laisse la place à Bousquet, puisqu'il s'agit de la Compagnie de Mitrailleuse de son Bataillon". Le soir même Carné faisait ses préparatifs et prenait ensuite la direction de Marseille sans oublier de se munir q'une permission pour rester quelques jours à Paris.

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  C'est une fois attaché à la C.M.6 (6e Compagnie de Mitrailleuses) que notre Capitaine nous remet les décorations qu'il venait de recevoir.

  Au début d'octobre nous étions cantonnés de nouveau à Bouxières-aux-Chênes. Vers le milieu du mois nous apprenons par une carte postale qu'un poilu de la 21e vient de recevoir, que le soldat Chiron transpercé à l'attaque de Vaux-Chapître est en traitement dans un hôpital de Lyon. Peu après nous avons eu un peu plus de détails. Il avait réussi à gagner les environs du Fort de Souville, mais au lieu d'y descendre comme les autres blessés pour y recevoir les premiers soins et une fiche d'évacuation, il avait pu monter dans la ford d'un volontaire américain et partir directement sur l'arrière, pour prendre la direction de Lyon. Rien d'étonnant que personne n'avait pu signaler son passage au Fort, ce qui nous avait fait craindre qu'il n'ai pu arriver jusque là. Il l'avait échappé belle!

  Le Bataillon prend les lignes dans le secteur du Bois de Champenoux, Bois des Charbonniers et tranchées environnantes, où nous restons jusqu'au milieu de novembre. Pendant que j'étais en ligne j'apprends que "Pattes-à-ressorts" est évacué pour maladie et en remplacement on me donne une bonne bête qui venait d'un médecin du régiment, mais tout le contraire de Pattes-à-ressorts. Elle galope avec de longues foulées et était très agréable comme allure, seulement pas très résistante à la marche. Il fallait la ménager. Ce cheval s'appelait "Loulou".

  Nous prenons quelques jours de repos ensuite à Laitre-sur-Amance où pour passer le temps je fais des calendriers à l'aquarelle. Je ne manque pas de faire des promenades à cheval aux environs et de prendre part aux exercices de tir ou de marches que fait la Compagnie de Mitrailleuses.