Notre cantonnement était dans le bas de la ville, sur les quais du canal. Les deux escadrons se sont installés dans des maisons inoccupées et dans des chais.

 Nous couchions sur le carrelage des pièces ; puis peu à peu avec de la paille,nous avons fait notre chambre. Des chevaux de réquisition arrivaient. Nous en recevions aussi du front, tous blessés par la selle restées des jours et des nuits pendant la retraite de Charleroi. (Quand on leur a enlevé la peau venait avec!)D'autres avaient en plus des blessures légères aux pattes ou des trous de lances dans les cuisses donnés par les Uhlans* lors des corps à corps. Tous se rétablirent relativement vite.

 Certains chevaux que nous pensions ne jamais revoir sur leurs pattes avec des plaies énormes en putréfaction, étaient soignés avec art par les vétérinaires et ne tardaient pas à se remettre, comme les poilus bons pour retourner au front à la première occasion.

2

- Cette aquarelle est plus jaune qu'orangée en réalité - (note de Pascale)

 

 Pour nous qui restions, nous avions une vie de Quartier, tout était désormais organisé : service de semaine, de garde, planton en ville, patrouilles, etc...puis assistions à des rapports, faisions des classes à cheval pour les bleus de la classe 14 qui arrivaient. Nous faisions aussi des maniements d'armes (il était écrit arbres, mais je suppose que le bon mot est armes!) à pied ou à cheval.